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Fédération syndicale
SUD Service public

Lausanne, le 24 septembre 2003

Communiqué de presse

Budget 2004: le Conseil d'Etat coupe dans les prestations publiques, dans les subventions au para-public, dans les salaires et prépare la liquidation de 300 emplois en trois ans

SUD appelle le personnel et les syndicats à résister et à adopter des mesures de lutte

Le Conseil d'Etat réussit pour son budget 2004 une opération de pure communication avec un déficit "dans la cible" de 171 millions. Derrière cet apparent succès, nous trouvons des réalités beaucoup plus dures.
C'est le service public à nouveau qui joue la "variable d'ajustement" du budget, permettant au Conseil d'Etat de respecter les objectifs de la planification financière. Surcharge de travail, coupes salariales, réductions des prestations sont à l'ordre du jour.

Parmi les principales mesures prévues, nous avons:

n 15 à 20 millions de coupes à réaliser au DSAS. A ce jour, M. Charles-Louis Rochat ignore où il "coupera" mais il semble évident que les subventions au para-public sont menacées, avec à la clé la dégradation des prestations aux usagers et usagères, des conditions de travail et de salaire attaquées ainsi que des suppressions d'emploi en perspective. Il est évident que l'harmonisation des conditions de travail et de rémunération entre secteur étatique et secteur subventionné est sacrifiée par le gouvernement, dans le social comme dans la santé. En particulier, la convention collective unifiée de la santé subventionnée, actuellement en négociation, ne pourra pas aboutir.
n Le DFJ devra pour sa part réaliser des coupes importantes même si les effectifs et les conditions générales d'enclassement ne sont pas touchés. Par contre, une politique de précarisation d'une partie du personnel enseignant, permettant des grosses économies salariales, est mise en place. Elle concerne aujourd'hui une masse d'auxiliaires de 12 à 15 % des effectifs. Les promesses de la Lpers de régulariser et de stabiliser le corps enseignant se révèlent être de la "poudre aux yeux" comme nous l'avions prédit d'ailleurs.

Le Conseil d'Etat veut en outre imposer une économie de 20 millions pour 2004 à la fonction publique:

n 16 millions à "négocier" en taillant dans les annuités et l'indexation ou par le biais de fameuses "contributions de solidarité"
n 300 postes de travail seront supprimés en trois ans, au fil des départs à la retraite. L'économie prévue sera de 5 millions en 2004, puis cumulativement de 15 millions en 2005, 25 millions en 2006 et donnera lieu à une économie structurelle stabilisée de 30 millions dès 2006.

Le résultat de cet ensemble de mesures - entre 45 et 50 millions pour 2004 - est évident: pénibilité du travail et surcharge fortement accrus (alors que récemment encore, le gouvernement nous rabattait les oreilles de son action contre la pénibilité), salaires autoritairement réduits (comme le permet la Lpers, cela aussi nous l'avions dénoncé et annoncé) et dégradation des prestations à la population.

Il faut ajouter à cela les mesures qui se préparent contre la Caisse de pensions de l'Etat de Vaud (CPEV) et de nouvelles attaques contre les salaires, à l'Etat comme dans le secteur subventionné, à la faveur de la nouvelle classification des fonctions et de la grille salariale qui s'ensuivra d'ici 2004-2005.

Pour donner un peu de "symétrie" à ces mesures iniques, le Conseil d'Etat annonce deux classes supplémentaires d'impôt, la mensualisation de l'impôt et l'engagement d'une dizaine d'inspecteurs fiscaux pour traquer la fraude. Cela devrait rapporter environ 20 millions en tout et pour tout.

La position de SUD est claire. Il ne saurait être question de dégrader le service public, de baisser les salaires et d'accroître la charge de travail. Des ressources existent parmi les groupes privilégiés de la population. D'autre part, nous sommes dans un moment difficile mais non dans une conjoncture longue de contraction de l'activité économique. Nous refusons des sacrifices qui tous tendent à briser structurellement le service public.

A peine entrée en vigueur, la Lpers démontre sa nuisance. Nous appelons les travailleurs-euses et les organisations du personnel de l'Etat et du secteur subventionné à refuser l'engrenage des concessions " négociées ", à entrer en résistance et à décider des mesures de lutte qui s'imposent.

Secrétariat fédéral de SUD