Déclaration d’orientation et de politique syndicale

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1. Notre pratique et notre projet syndical se fondent sur l’action consciente et librement débattue, démocratiquement décidée et collectivement menée par le personnel du service public. Ledit service public constitue notre principal champ d’action syndicale.

2. Nous travaillons à dégager les éléments d’accord et de convergence entre les travailleurs-euses concernéEs pour que puissent s’exprimer, les aspirations, les contestations, les revendications et les volontés d’actions collectives.

3. Notre fédération veut favoriser l’unité des organisations professionnelles et syndicales combatives tout en aidant les pratiques d’auto-organisation, notamment par le biais des assemblées unitaires du personnel et des organismes dont ces assemblées générales se dotent.

4. Nous sommes indépendantEs des partis politiques, des organisations patronales et de l’Etat. C’est de manière autonome que nous réfléchissons aux questions posées par la vie au travail et en société. Nous prenons nos positions sans en référer à des doctrines établies ou à des partis constitués.

5. Nous sommes solidaires, unitaires et démocratiques.

6. Solidaires, nous luttons contre toutes formes d’exclusion.
– Nous refusons la dégradation du service public et la remise en cause de la notion même de service public, la dégradation de la protection sociale, la déréglementation, la fin des garanties, l’extension de la précarité, la péjoration des conditions de vie et de travail de l’immense majorité au bénéfice d’une minorité qui concentre entre ses mains le profit et le pouvoir, la dictature de l’économie.
– Nous refusons le sacrifice des femmes et des hommes au nom de la course à la rentabilité et à la productivité.
– Nous nous engageons pour la solidarité entre chômeuses/eurs, exclu⋅e⋅s et précaires d’un côté et salarié⋅e⋅s de l’autre, comme pour celle entre personnel du service public et salarié⋅e⋅s de l’économie privée.

7. Unitaires, nous recherchons toujours et partout l’unité des différentes catégories de travailleurs/euses et d’exclu⋅e⋅s.
– Nous privilégions l’unité d’action avec les syndicats et les associations.
– Nous voulons renouer avec les valeurs fondatrices de l’engagement syndical au premier rang desquelles il y a précisément la solidarité et l’unité.

8. Démocratiques, nous défendons le pouvoir des membres du service public en général dans la conduite des affaires professionnelles et syndicales. Les assemblées générales sont pour nous le lieu privilégié des débats et des décisions.
– Notre projet et de regrouper et de donner la parole à tout le personnel du service public.
– Ceci implique une pratique la plus en prise possible avec les réalités du terrain, en favorisant le débat collectif et la participation active de toutes et de tous.
– Nous mettons également l’accent sur la formation et le souci de transparence notamment par rapport aux négociations. Lier prise de position, analyse et argumentation en rentrant dans le détail des dossiers est un des moyens essentiels pour permettre le débat, la décision démocratique et la mobilisation.

9. Nous voulons une société plus juste, plus égalitaire, plus solidaire, plus démocratique. Naturellement, cet objectif a de multiples connotations socio-politiques qui en interdisent une lecture étroite. Toutefois, pour avancer en ce sens, la défense des acquis sociaux et du service public, l’exigence des politiques économiques qui assurent un rôle redistributif et palliatif par rapport aux injustices, la conquête et le développement d’un droit du travail et de droits syndicaux qui garantissent nos droits et nos libertés constituent pour nous des objectifs généraux et communs à tous les travailleurs-euses.

10. Nous voulons améliorer les conditions de travail, diminuer le temps de travail mais aussi remettre en cause son organisation (lutte contre la hiérarchisation et l’arbitraire, la parcellisation des tâches, la déqualification, l’accroissement de l’intensité et de la pénibilité du travail, le développement de diverses formes de précarité) et contrôler son contenu (accroître les coopérations et les qualifications, donner au personnel davantage de pouvoir d’intervention et de décision sur son travail, favoriser des critères de gestion liés à l’efficacité sociales pour des biens, des services et des prestations répondant aux besoins de la société).

11. La crise produit sans cesse davantage d’inégalités et d’insécurité sociale. Nous luttons donc en priorité contre les bas salaires et les statuts précaires, pour une répartition plus juste de l’emploi, des revenus et de la fiscalité. Nous menons un travail de réflexion et de proposition pour construire des alternatives.

12. Les salariéEs doivent pouvoir intervenir sur toutes les questions qui les concernent. Ce pouvoir est à conquérir sur les lieux de travail et à exercer autant sur les décisions économiques et d’organisation du travail que sur leurs conséquences sociales. Dans un premier temps, nous revendiquons des droits syndicaux élémentaires tels que :
– La reconnaissance des syndicats et plus largement des droits d’association, d’expression, de représentation et de négociation des travailleurs-euses. La reconnaissance du syndicat suppose celle des syndiquéEs et des déléguéEs syndicaux avec les droits qui y sont rattachés (locaux, crédits d’heures, délégations) à commencer par la protection des syndiquéEs et des déléguéEs (interdiction de les licencier ou de les discriminer du fait de leurs activités syndicale).
– La liberté d’expression, d’information syndicale et la liberté de déplacement des déléguéEs syndicaux et des représentantEs du personnel à l’intérieur comme à l’extérieur des services et des institutions.
– Le droit d’information et de contrôle sur l’organisation, les conditions et le contenu du travail.

13. Nous utilisons toutes les formes d’action de la défense juridique de nos adhérentEs à l’action collective, de la pétition à la grève, en passant par la manifestation. L’essentiel est que diverses formes d’action soient adaptées à l’objectif choisi, à l’état de mobilisation des travailleurs-euses, un des éléments du choix étant de favoriser l’unité à la base et entre les diverses représentations des travailleurs-euses et organisations syndicales.

14. Nous privilégions la mobilisation sous toutes ses formes pour faire aboutir des revendications définies démocratiquement. La négociation doit être fondée sur la construction systématique d’un rapport de forces.

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