Eben-Hézer: pas de déclaration d’intention

Print Friendly, PDF & Email

Respect des droits fondamentaux!

Les choses bougent à Eben-Hézer. Le syndicat SUD se réjouit du départ du Directeur d’Eben-Hézer. C’est un véritable soulagement pour de nombreux/euses salarié⋅e⋅s qui avait à faire soit directement à lui ou, par l’intermédiaire de la hiérarchie, devaient supporter sa politique autoritaire. C’est aussi une victoire syndicale de celles et ceux, travailleurs/euses de l’institution, qui ont mené cette lutte pour faire reconnaître la violence des comportements et du dispositif managérial et surtout l’arrêter. Y compris sur le plan juridique. Enfin c’est aussi le succès d’une certaine expérience de démocratie au travail où la parole des salarié⋅e⋅s circule, où les expériences de chacun⋅e deviennent collectives et débouchent sur des revendications. C’est une expérience de démocratie face à un «management» qui atomise les gens, les divise, les intimide, fait pression, utilise et contrôle leur parole pour que la chefferie puisse faire ce qu’elle veut, quand elle veut, où elle veut.

Téléchargez le SUD-SOCIAL Spécial Eben-Hézer (pdf)!

Toutefois, on ne change pas un système de management ancré depuis des années, une culture de l’arbitraire et du commandement, en remplaçant simplement celui qui était à sa tête. Même si celui-ci en était un élément essentiel qui orientait et dirigeait. Son impulsion structurait toute la chaîne de management avec des méthodes et des attitudes qui niaient et détruisaient les droits fondamentaux des salariée⋅e⋅s.

Pas de déclaration d’intention ou changement de style. Mais respect des droits fondamentaux

Il faut le dire clairement, au conseil de fondation, au comité de Maison, à la direction ad interim et à la future direction. Il ne suffit pas simplement d’un changement de nom, de style de direction, de déclaration d’intention sur la santé au travail et autres chartes éthiques. Il ne suffit pas non plus de passer un coup de peinture sur le système hiérarchique, par une opération décidée et réalisée unilatéralement par la direction. Sur cette base, la parole des salarié⋅e⋅s ne serait au mieux que témoignages ou ressentis. Il y a des droits fondamentaux, que nous détaillons dans la suite de ce bulletin, qui se réfèrent à des textes internationaux, constitutionnels et légaux, qui doivent être respectés dans leur totalité et ce dès maintenant.

Ouverture de négociation et convention-cadre

Ce qu’il nous faut maintenant c’est une convention claire, signée entre la hiérarchie et les syndicats pour faire reconnaître les droits fondamentaux des salarié⋅e⋅s qui ont aujourd’hui assez souffert. Pour ce faire, SUD va écrire aux diverses instances décisionnelles d’Eben-hézer pour demander l’ouverture d’une négociation sur cet objet très rapidement. Pour que ces négociations interviennent sur la base d’une information claire, et éviter toute manipulation, nous demandons que la direction publie le rapport et les données brutes de l’audit qu’elle a organisé ainsi que les recommandations de l’Inspection du Travail lausannoise.

Un exercice réel des droits fondamentaux

Pour que se réalisent concrètement nos droits, ceux-ci doivent être énoncés et définis dans leur principe et dans leur exercice. Ils doivent être assurés pour toutes et tous. Les salarié⋅e⋅s doivent pouvoir s’exprimer librement et ils/elles doivent avoir accès sans grande débauche de moyens et sans risque à des instances de recours contre des décisions abusives. Le cas échéant, si celles-ci s’avèrent mal fondées ou excessives, les salarié⋅e⋅s doivent avoir un traitement juste. Nous continuerons le combat contre toute mesure arbitraire. Enfin, des protections et des garanties doivent être assuré⋅e⋅s pour les délégué⋅e⋅s syndicaux/ales, mais aussi pour toutes et tous celles et ceux qui sont des donneurs/euses d’alerte et qui font remonter les problèmes.

Entre autres revendications qui viendront enrichir cette base, nous demandons:
• Que la liberté d’expression soit intégralement garantie, en particulier lors des colloques.
• Que les comportements humiliants, les cris, l’infantilisation de la part de la hiérarchie cessent et soient sanctionnés.
• Que s’arrête toute pression sur les personnes qui exercent leur droit à la maladie et à la santé, que ce soit par l’obligation de prendre contact de manière répétée avec la hiérarchie ou par la pression des assurances pertes de gains contractées par l’employeur.
• Que les comportements et les prises des paroles discriminants contre les femmes cessent et soient sanctionnés.
• Que la direction d’Eben-Hézer applique intégralement les recommandations du Bureau Fédéral de l’Egalité en matière de harcèlement sexuel, c’est-à-dire: information, formation, détection et sanction.
• Que les décisions disciplinaires comme les avertissements sans base règlementaires soient supprimés; que toute décision de sanction ou d’avertissement puisse être contestée par les salarié⋅e⋅s auprès d’instances qui ne sont pas juges et parties.
• Que les licenciements puissent être contestés en un premier temps auprès d’instances internes plus accessibles que les voies juridiques. Les licenciements abusifs, ou injustifiés pour les cas d’effet immédiat, doivent donner droit à la réintégration.
• Que les dossiers personnels soient constitués avec de bordereaux complets et consultables en tout temps.
• Que les contrats d’intérimaires qui permettent de faire sortir des salarié⋅e⋅s de la CCT du social soient commutés en des CDI ou CDD correspondant à la CCT.
• Les délégué⋅e⋅s syndicaux/ales doivent être protégé⋅e⋅s contre le licenciement en dehors de ce qui concerne leur prestation de travail, ils doivent avoir le droit à la réintégration.
• Les effectifs des équipes et les moyens pour réaliser le travail doivent faire l’objet systématiquement de négociation. Une étude de la pénibilité doit être menée.

Prenez contact avec nous (par téléphone au 021 351 22 50 ou par mail à info[a]sud-vd.ch) si vous voulez enrichir, porter ces revendications. Nous organiserons bientôt une rencontre du personnel. N’oubliez pas, si vous avez des problèmes, des questions, des revendications, des besoins d’information, ou si vous faites face à de l’arbitraire, venez en parler avec le syndicat.

Partagez l'article

Place Chauderon 5, 1003 Lausanne, Tél. : + 41 (0) 21 351 22 50, Fax : + 41 (0) 21 351 22 53