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8 mars:
journée internationale de lutte des femmes!
Plein SUD!

Origines

C'est à Copenhague, en 1910, que la décision est prise par la conférence internationale des femmes socialistes d'instaurer une journée internationale des femmes. Un million de femmes manifestent en Europe (aussi en Suisse!) en mars 1911. C'est suite à la grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg, en 1917, que le 8 mars est fixé. Après 1945, il devient le rendez-vous annuel des femmes dans le monde entier, officialisé en 1977 par l'ONU.
L'origine de cette journée s'ancre dans les luttes ouvrières, les nombreuses manifestations de femmes réclamant la fin de la guerre, le droit de vote, de meilleures conditions de vie et de travail et l'égalité entre les hommes et les femmes.

Portée

Le combat des femmes pour l'égalité et la liberté est un combat qui dépasse de loin le combat de genre et se révèle parmi les combats les plus émancipateurs qui soient pour tous les êtres humains. Sa dimension universelle en fait un puissant levier de libération. Serait-ce pour cela que le féminisme fait encore peur à tant de gens… et surtout aux groupes dominants?

L'élévation de l'âge de la retraite des femmes proposée dans le cadre de la 11e révision de l'AVS, injuste et injurieuse en soi, n'est qu'une étape vers une élévation de l'âge de la retraite pour tous, les politiques ne le cachent même pas!

Déjà très en retard lorsqu'il s'était agi d'accorder le droit de vote aux femmes (en 1848 pour les hommes et en 1971 pour les femme = 123 ans d'écart, le record mondial, à notre connaissance), la Suisse traîne aujourd'hui les pieds en ce qui concerne une assurance maternité dont tous les autres pays d'Europe se sont déjà dotés. Nul doute que ce sont les mêmes forces réactionnaires de ce pays qui sont à l'oeuvre. L'UDC, pour ne pas la nommer, n'est-elle pas à la fois contre l'assurance maternité et pour la fermeture des bureaux de l'égalité (du moins celui du Valais)?

Dans le monde du travail
ou Du travail dans le monde

De plus en plus de femmes exercent une activité professionnelle salariée, mais pour la plupart dans des conditions nettement moins bonnes (ou plus mauvaises) que les hommes. Les salaires inférieurs qu'elles perçoivent traduisent à la fois des discriminations franches, leur surreprésentation dans certains métiers dits "féminins" et une forte occupation de postes à temps partiel. L'expression "à travail égal, salaire égal" trouve sa limite dans la réalité de la répartition sexuée des activités professionnelles.

Un accès limité à l'emploi fait des femmes une main-d'œuvre disponible et peu coûteuse: dans les pays du Sud où les grandes compagnies du Nord délocalisent leur production en majeure partie sur le dos de la main-d'œuvre féminine locale, dans les pays du Nord où les femmes du Sud viennent exercer des emplois de danseuses de cabaret, de femmes de ménage ou de gardes d'enfants… avec ou sans permis, mais presque toujours sans droits.

Une même hypocrisie préside au cynisme des pays du Sud qui exportent leur misère vers les pays du Nord et au cynisme des pays du Nord qui dissimulent tant bien que mal le manque de reconnaissance du travail des femmes, l'insuffisance de lieux d'accueil pour les enfants et le non-partage des tâches domestiques par l'engagement massif de personnel féminin au noir.

n Autonomie financière
n Temps de travail librement choisi
n Vrais contrats (plus jamais de travail payé à l'heure)
n Reconnaissance des compétences professionnelles et revalorisation salariale dans les métiers dits "féminins" (travail avec des enfants, des personnes âgées ou handicapées, secrétariat, nettoyage, etc)
n Moyens de protection et de lutte contre toute violence au travail

Fonction publique et secteur subventionné vaudois:
Malgré les apparences, l'égalité reste à conquérir!

Pour l'autonomie financière

Comme dans le privé, le salaire des femmes y est souvent considéré comme un revenu d'appoint, en complément de celui d'un homme. Or, que cela soit par choix personnel de vie ou le fait d'une situation imposée, bon nombre de femmes n'ont que leur revenu pour subvenir à leurs besoins et, dans les familles monoparentales, à ceux de leurs enfants.

Sur la base du principe du droit à l'indépendance financière, nous revendiquons de l'employeur public (Etat ou institutions subventionnées):
n un salaire brut minimum de CHF 4000.- / mois;
n pour les familles monoparentales, une allocation complémentaire de ressources qui permette d'atteindre un revenu minimum garanti de frs 4000.- de base + CHF 1000.- par enfant à charge.

Pour le libre chois du taux d'activité

Bien des femmes exercent une activité professionnelle à temps partiel, alors que cela ne résulte pas d'un libre choix de leur part. Non souhaité, voire imposé par l'employeur, le temps partiel permet d'extorquer aux femmes un énorme travail domestique non rémunéré (ménage, soins portés à la famille, etc). Nous demandons:
n la garantie du libre choix du taux d'activité;
n la possibilité donnée aux femmes de modifier leur taux d'activité et une priorité pour leurs demandes faites dans ce sens.

Pour l'égalité des droits contractuels

Une disposition transitoire fait perdurer le tristement célèbre "statut d'auxiliaire", sans base légale. La grande majorité des auxiliaires sont des femmes qui sont payées à l'heure (CHF 16.10 pour une heure de nettoyage, par exemple) et soumises au Code des obligations. Presque toujours étrangères, sous-payées et sans garantie du taux d'activité, ces femmes sont particulièrement précarisées. Pour mettre fin à cette inégalité inacceptable, nous exigeons:
n l'abolition immédiate du "statut d'auxiliaire";
n des contrats à durée indéterminée conformes à la Lpers pour toutes les personnes concernées.

Pour la reconnaissance des compétences professionnelles

Travailleuses des centre médico-sociaux (CMS), enseignantes dans les classes enfantines ou primaires, secrétaires, employées de bureau, nettoyeuses, etc., les femmes sont surreprésentées dans des activités dites "féminines" où elles se trouvent confinées. Les nombreuses compétences professionnelles qu'elles déploient dans ces secteurs sont souvent considérées comme des "qualités naturellement féminines". C'est pour l'employeur public (Etat ou institution) un moyen comme un autre de ne pas les reconnaître pour ne pas avoir à les payer. Au moment où l'employeur entend négocier sa manière de classer les fonctions et de refondre l'échelle des salaires (démarche DECFO), nous exigeons:
n la reconnaissance des qualifications des femmes;
n la revalorisation des salaires qui accompagne cette reconnaissance.

Pour la parité dans les postes dits "à responsabilité"

Comme chacune le sait, qui dit poste "à respon-sabilité" dit également poste des mieux rémunérés. L'employeur public ne déroge pas à la règle. En décembre 2002, l'Etat de Vaud comptait 1112 cadres "hors classe", dont 83% étaient des hommes et 17% seulement des femmes (chiffres du SCRIS). Faut-il être un homme pour gagner plus de CHF 150'000.- par année? Par ailleurs sans illusion sur la hiérarchie, nous demandons:
n la priorité d'accès pour les femmes à tous les postes d'encadrement, jusqu'à la parité.

Pour une protection et une lutte efficaces contre toute violence au travail

Les victimes de violence organisationnelle, de mobbing ou de harcèlement sexuel sont majoritairement des femmes. Le Groupe Impact a des compétences fort restreintes et ses rapports sont rarement pris en compte par l'employeur public. Ainsi, dans de nombreux cas, même si le mobbing est avéré, les personnes mobbées perdent leur poste de travail alors que les mobbeurs restent en place. Nous revendiquons:
n la mise en place d'une structure totalement indépendante qui puisse enquêter, protéger les victimes et les témoins ainsi qu'imposer à l'employeur les sanctions pertinentes à prendre;
n la gratuité de la procédure et d'éventuels recours pour les victimes;
n l'arrêt immédiat de la part de l'employeur de l'aide qu'il apporte aux mobbeurs.

8 mars 2004: la lutte des femmes, c'est plein SUD!

Lundi 8 mars 2004,
Manifestation
Place Saint-François, 17h. 30
(organisation: Coordination vaudoise du 8 mars et Collectif des femmes en colère)