On peut gagner!

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Allons-y!

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Grâce à la mobilisation unitaire des trois syndicats et du personnel de la fonction publique, nous avons obtenu la publication des rapports qui fondent le plan sacrificiel porté par le Conseil d’administration de la CPEV. Ces documents illustrent le rôle central des experts dans l’élaboration de cette attaque contre nos intérêts. Ils confirment que toute l’argumentation qui justifie les péjorations des conditions et prestations de la Caisse sont de l’enfumage, comme nous le disons depuis le début.

Que nous disent les chiffres de 2017?
Les chiffres de 2017 en matière de degré de couverture et d’évolution de la performance globale (rendement) confirment que la Caisse va bien et qu’elle n’a aucun besoin d’imposer à ses assuré.e.s les sacrifices envisagés par le plan d’octobre 2017.

Soulignons que le plan du Conseil d’administration a été élaboré sur la base de la situation de décembre 2015, soit deux ans après l’introduction du plan de 2014 qui impliquait lui aussi des dégradations extrêmement importantes.

Que nous disent les données de 2017? D’abord que le degré de couverture est à 75,9% alors qu’il s’agit d’atteindre de 80% en 2052. Pour atteindre ce 80%, la progression du degré de couverture doit être de 0,12% par an.

La performance globale, le rendement donc, est de 5,7% au 30 septembre 2017.

Si nous reprenons l’évolution du degré de couverture entre 2013 et 2017, nous sommes passé.e.s de 72,1% à 75,9%, soit une progression de 3,8%. Si nous mettons cela en contraste avec l’évolution de la performance globale de la caisse pour la même période, entre 2013 et 2017, nous avons une progression de 30,1%, soit 6,02% en moyenne, par année.

Entre 1998 et 2017, l’évolution de la performance globale, en moyenne annuelle, est de 4,085%. Ceci malgré les fortes réductions de 2001 et 2002 et l’impact de la crise économique et financière de 2008 qui a fait reculer cette performance globale de 12,8%.

Ces quelques chiffres nous montrent bien que l’atteinte de l’objectif de 80% du degré de couverture en 2052 ne pose aucun problème pour la situation actuelle de la Caisse. En fait, comme nous l’avons écrit plus haut, il faut de 2018 à 2052 gagner 0,12% par an pour le degré de couverture. Cela correspond à une évolution de la performance globale de 0,95% par année.

Le maintien des conditions et des prestations actuelles de la CPEV permet sans aucun problème d’atteindre les objectifs de 80% de degré de couverture pour 2052.

Mettre un coup d’arrêt
Le moment est venu de mettre un coup d’arrêt à la dérive sacrificielle. Les experts dont nous avons tant de fois dénoncé l’orientation inacceptable, ne se contenteront pas de la baisse du taux d’intérêt à 2,7% qu’ils veulent nous imposer aujourd’hui. En fait, ils prétendent passer à 2,5%, voire même à 2% d’ici 2018-2020. Ceci signifie que derrière le plan présenté à l’ASSO le 31 octobre 2017, viendra immanquablement un nouveau plan avec des mesures aussi violentes que les péjorations de 2014 et celles préparées pour 2019. Il faut donc arrêter maintenant cette course folle, illustrée encore, à fin novembre par la crise liée à la Directive technique, DTA 4, qui traite du taux d’intérêt technique des institutions de prévoyance. Sur cet élément central, les membres de la Chambre suisse des experts en caisses de pensions (CSEP) se déchirent et n’arrivent pas à prendre une position commune. Or, c’est notamment sur la base de cette DTA 4, contestée dans sa version actuelle et sans alternative, que le Conseil d’administration et ses experts se sont appuyés pour concocter leur plan pour l’ASSO.

Maintien des conditions et prestations, sans y toucher une virgule
L’objectif central de notre lutte est le retrait pur et simple de ce dispositif présenté à l’ASSO le 31 octobre 2017. Toutes les mesures du plan de 2014, y compris les éléments de transition et de droits acquis, doivent être conservées, sans y toucher une virgule jusqu’en 2024, sauf pour améliorer les droits des assuré.e.s. Si un plan doit être présenté d’ici juin 2018, ce sont ces éléments qui doivent y figurer. Il n’y a aucune concession à faire, aucun recul à consentir.

Le retrait du plan du Conseil d’administration présenté à l’ASSO et la conservation des conditions et prestations du plan de 2014 sont la meilleure manière d’arracher à la racine toutes les menaces, projets ou velléités du Conseil d’Etat de faire payer exclusivement aux travailleurs/euses un supplément de 3,1% de cotisation à échanger contre le retrait des mesures décidées par le Conseil d’administration.

Que négocier avec le Conseil d’Etat?
Le Conseil d’Etat a les moyens d’obliger ses délégué.e.s au Conseil d’administration à agir dans le sens décrit plus haut. La même pression peut être exercée sur les administrateurs/trices désigné.e.s par l’Assemblée des délégué.e.s de la Caisse, donc par les représentant.e.s des assuré.e.s. Ces administrateurs doivent représenter les salarié.e.s et retraité.e.s et défendre leurs intérêts.

C’est en ce sens qu’il faut mener les négociations avec le Conseil d’Etat: retrait du plan et maintien des conditions et prestations 2014 jusqu’en 2024. Sans oublier que nous devons lutter pour améliorer la situation des assuré.e.s et des retraité.e.s de la Caisse: indexation des rentes, 13e rente, départ plus rapide à la retraite pour les fonctions et les situations à pénibilité importante. Ces revendications correspondent à l’évolution de la CPEV en 2017. Les prévisions de rendement pour pouvoir maintenir les dispositions du plan de 2014 doivent atteindre un 3,75%. C’est tout à fait possible quand on voit que l’évolution de la performance globale dans les derniers vingt ans qui est de 4,085%. Il faut également souligner le rôle de la réserve de fluctuation de valeurs qui dépasse largement le milliard de francs et qui est explicitement destinée à faire face à des conjonctures économiques défavorables.

Incontournable: négocier avec du rapport de forces
Naturellement, pour atteindre nos objectifs il faut exercer une très forte pression autant sur le Conseil d’Etat que sur le Conseil d’administration de la caisse. Pas de négociation sans rapport de force! Pas de rapport de force sans action sur les lieux de travail, sans grèves et sans manifestations.

Nous pouvons gagner, mais la fenêtre de tir est étroite. Il faut agir vite et de manière concentrée. Pour cette raison, à SUD, nous sommes partisan.e.s de donner au Conseil d’Etat une échéance proche, au début 2018, pour exprimer son opposition au plan et user de tout son pouvoir pour le faire retirer.

Il faut aussi des engagements extrêmement clairs de l’employeur public sur la question salariale. Au moment où l’inflation repart, le Conseil d’Etat refuse d’indexer nos salaires jusqu’à ce que l’augmentation du coût de la vie dépasse les 2,5%. C’est intolérable. Il est tout aussi intolérable d’envisager une hausse quelconque de nos cotisations à la CPEV. Si, suivant l’évolution de la situation, il faut injecter de l’argent dans la Caisse, c’est au Conseil d’Etat et à lui seul de payer.

Négocier en construisant le rapport de force, c’est naturellement se mobiliser. Nous sommes favorables à une première journée de lutte dont le principe doit être discuté et adopté dans notre assemblée de ce soir.

Max de grèves, max d’actions, manifestation!
Qu’est-ce qu’une journée de lutte? C’est d’abord un moment qui agrège, qui permet de joindre les forces et de les multiplier. Donc, un max d’actions sur les lieux de travail, un max de grèves portées par les collectifs de travailleurs et de travailleuses et par les syndicats, une puissante assemblée générale de préparation de la journée de lutte et une manifestation massive qui exprime notre force et notre détermination pour la conclure.

Pour réussir cette journée, l’unité est indispensable. Unité à la base, sur les lieux de travail, et front commun des organisations syndicales. La journée de lutte doit agréger et inclure toutes les formes d’action qui traduisent la protestation et la revendication des salarié.e.s, l’unité sur un même objectif. Pousser partout où c’est possible, jusqu’à la grève, mais également intégrer toutes les autres formes de mobilisation. Chaque grève est une pierre dans les souliers du pouvoir, mais l’addition des grains de sable peut également rendre sa marche plus difficile. L’essentiel c’est de le paralyser et de gagner.

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