Pourquoi SUDe* ?

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Bases de travail de SUDe*
pour la grève du 14 juin 2019e

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1. Les femmes de SUD construisent une entité collective propre, nommée SUDe*, pour organiser et animer cette mobilisation, en fixer les objectifs, assurer la communication sur sa construction, son déroulement, les conceptions et les idées qui l’animent.

2. En tant que collectif des femmes de SUD, SUDe* orientera et coordonnera cette mobilisation. L’organisation toute entière travaillera selon les indications que lui donnera le collectif des femmes.

3. SUDe* fonctionnera sur des bases non mixtes. L’animation, les apparitions publiques et la communication seront exclusivement menées par des femmes.

4. Du point de vue de la mobilisation, SUDe* entend promouvoir un mouvement de grève des femmes, sur toutes les aires du travail, salarié ou non, productif et reproductif. Il d’agit donc de construire pour le 14 juin une grève générale des femmes. C’est ce mot d’ordre qui sera popularisé.

5. L’objectif est de faire connaître notre mot d’ordre d’égalité sociale pour les femmes, dans un processus de lutte et d’émancipation. Par conséquent, la revendication d’égalité salariale, immédiate, construite comme droit universel des femmes, est intégrée dans notre exigence, plus large, d’égalité sociale.

6. Dans l’égalité sociale, il y a l’exigence de reconnaissance de tout le travail fait par les femmes, de la rémunération en salaire et en temps de toutes les activités, de construction d’une répartition rigoureusement égalitaire des tâches dévolues aux femmes.

7. Dans l’égalité sociale il y a aussi la conquête partout de positions égales et des ressources également réparties, la mise en place de politiques qui empêchent l’insécurité et l’agression contre les femmes, qui instituent leur pleine possibilité de vivre libres, en auto-détermination.

8. L’exigence d’égalité sociale passe par le plein déploiement des luttes et donc de l’émancipation des femmes. Par l’extension, l’approfondissement et le déploiement de l’organisation autonome des femmes et de leurs luttes, l’émancipation avance.

9. En ce sens, le 14 juin représente un moment général où la revendication d’égalité sociale, d’émancipation, d’auto-détermination est en processus et s’ancre dans des pratiques, des interventions et des paroles nombreuses et fédérées.

10. Pour le 14 juin, SUDe* met en avant une grève politique et sociale. Cette lutte générale doit habiter toutes les échéances particulières de la mobilisation, leur donner à toutes tension et souffle. Nous opposons au gradualisme, à l’étapisme, à l’autolimitation un mouvement en permanence et en capillarité.

11. Mais SUDe* est en même temps parfaitement consciente que le rapport de forces général pose de nombreuses difficultés pour faire aboutir nos revendications par un seul type de grève. La grève générale peut et doit s’inscrire aussi dans des grèves et des débrayages ancrés dans les secteurs et les lieux de travail, avec une déclinaison d’objectifs correspondant aussi à des situations particulières.

12. Par cette combinaison de la grève générale des femmes avec un archipel de grèves, de luttes, de blocages, de débrayages, nous pourrons déjouer la répression (par exemple, tentatives d’illégalisation de la grève pour sa qualification comme grève politique) et réduire la distance entre secteurs plus avancés et moins avancés.

13. La signification centrale de la grève générale des femmes innerve tout le mouvement de mobilisation tandis que le mouvement des grèves nourrit et consolide la grève générale politique et sociale.

14. La grève, avec son processus de mobilisation, doit permettre de déployer un travail politico-culturel d’envergure mais aussi d’accumuler des avancées, concrètes, immédiates.

15. Dans chaque secteur où nous sommes présentes il faut donc construire des revendications spécifiques, générales et déclinées, liant notre démarche centrale à des mobilisations plus immédiates. SUDe* doit mener et coordonner ce travail systématiquement dès maintenant.

16. La signification centrale de la grève générale des femmes pour l’égalité aura naturellement ses moments forts (manifs, rassemblements, etc.) mais SUDe* veut avoir une campagne générale de communication, systématique et disruptive qui a d’ailleurs déjà commencé (voir par exemple le message «Je suis une poisonE socialE» à propos de la grève dénoncée par le Centre patronal comme «poison social»). L’objectif d’une telle campagne est naturellement d’informer aussi largement que possible des échéances d’action, des revendications, des éléments de dénonciation et d’analyse. Par exemple, notre tract d’appel et l’autocollant «on veut la moitié de la boulangerie» pour la manifestation du 22 septembre 2018.

17. Il y a une importance centrale à ce que dans tous les lieux et secteurs où nous sommes présentes nous portions des revendications qui construisent l’égalité mais aussi qui améliorent la vie des femmes. Par exemple, l’internalisation dans la fonction publique des nettoyeuses qui travaillent dans les bâtiments publics, la lutte contre les dispositifs précaires et zéro heure, le salaire minimum Fr. 4’000 X 13 dans le public comme dans le parapublic, le communal et le paracommunal et d’un salaire carrière qui assure un salaire de Fr. 5’800 X 13 après un nombre raisonnable d’années de service. Cette dernière revendication est clé pour améliorer les conditions de retraite des femmes.

18. Le droit pour les femmes à un salaire direct et socialisé qui permette de vivre, le droit à une retraite digne, la mise en place de dispositifs en temps, en salaire socialisé et en équipements collectifs et services publics qui reconnaissent le travail de reproduction aujourd’hui imposé gratuitement aux femmes, les formes de non ou sous-salarisation (stages mais aussi apprentissages) qui frappent aujourd’hui en majorité les femmes: tout ceci doit faire l’objet de revendications, de mobilisations, de négociations avec les employeurs.

19. Nos objectifs d’égalité salariale et sociale requièrent d’ajouter aux revendications déjà posées une revendication d’égalité sur le trajet professionnel et la carrière des femmes. L’urgence nous impose la revendication de mesures compensatoires. Mais l’égalité réelle exige, elle, le changement d’organisation sociale. C’est en portant notre lutte sur nos lieux de travail, de formation et de vie que nous serons à la hauteur des enjeux.

20. Nous revendiquons, par exemple, l’accès libre et sécure des femmes à l’espace public, la mise à disposition égalitaire de dotations dans l’espace public, la mise en place d’actions, de campagnes, de politiques publiques qui combattent les discriminations, les marginalisations, les limitations et les agressions, les atteintes à l’auto-déterminations que les femmes doivent subir. Nous souhaitons nommer et attaquer cela d’un point de vue général à partir d’ancrages concrets. Par exemple: la campagne prévue, «Ce qu’on ne veut plus entendre» ou la revendication de la prise en charge par l’employeur des frais juridiques en cas de harcèlement sexuel et la reconnaissance des périodes d’absence liées à des harcèlements sexuels comme des maladies professionnelles.

21. Tous ces éléments revendicatifs doivent donner base à des négociations et à des mouvements de grève (même s’il ne s’agit que de débrayages courts). L’idée c’est d’avancer en culture féministe, en mouvement d’émancipation mais aussi de montrer aux femmes, de nous montrer, de montrer à la société, que nous pouvons par la prise de parole et l’action faire avancer les choses, faire bouger les lignes de force, mettre en avant d’autres possibles.

22. Pour faire tout ceci, nous nous organisons dans le but de mettre au point une conception générale de mobilisation, de construire un plan de travail, de réunir des forces et de continuer le travail entrepris jusqu’ici. En ce sens, une assemblée générale des femmes de SUD sera organisée début 2019.

23. Nous proposons en conclusion deux messages généraux:

Grève générale des femmes
Féminisme, égalité, émancipation.

Lausanne, octobre 2018
Mis à jour en janvier 2019

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