Santé critique 8
Feuille d’information dans le
secteur santé
de la Fédération syndicale SUD /
Solidaires - Unitaires - Démocratiques
SEPTEMBRE 2004
Santé:
la lutte pour la garder!
Décantonalisation et
privatisation des Hospices
Cette fois-ci, le projet de décantonalisation-privatisation des Hospices
franchit une première et décisive étape. La consultation des chef-fe-s de
service et des institutions intéressées est pratiquement achevée. Curieusement,
ce projet «endormi» jusqu'au départ de Biéler et de Chiffelle du Conseil d'Etat,
a été rapidement «réveillé» depuis. Rappelons que la privatisation accorde une
autonomie de gestion pratiquement totale à la direction des Hospices qui en
profitera pour mettre en place et développer systématiquement une médecine à
deux vitesses. Pour ce qui concerne le personnel, ce sera la sortie de la Lpers
et la mise sous une convention de travail, celle qui est en train d'être
négociée dans le secteur subventionné de la santé.
Avec le passage à une convention, la direction des Hospices espère imposer une perte en terme de droits et de garanties salariales, pour autant que cette convention aboutisse.
Le plus probable est que tous/tes les nouveaux-elles engagé-e-s perdront gravement en termes de caisse de pensions. Ils/Elles ne seront pas assurés-es à la Caisse de pensions de l'Etat de Vaud, mais probablement dans une autre caisse dont les prestations sont notablement moindres. Le modèle de la direction des hospices, c'est la caisse de pensions des EMS. Donc attention danger, et mobilisation contre la privatisation des hôpitaux publics. La bataille sera d'envergure et le Conseil d'Etat ne s'en tirera pas facilement.
CHUV toujours:
insuffisance structurelle des effectifs
Les cadres font travailler les unités avec un sous-effectif systématique
de l'ordre de 10%. On ferme des lits et on organise pour pouvoir conserver ce
sous-effectif et la charge de travail qui va avec. Pendant ce temps-là, les
élèves infirmiers-ères qui sont en train de finir, peinent à trouver du
travail, même temporaire. Il est décidément temps que la santé fonctionne selon
les besoins et non selon les pratiques permanentes de coupes budgétaires.
Relations de travail aux
hospices
La très nombreuse, et en croissance exponentielle, hiérarchie des Hospices
fonctionne à plein… Pour durcir les relations de travail et accroître
l'exploitations des employé-e-s. Outre les conditions déplorables du personnel
de cuisine et d'une partie du personnel d'entretien, il faut rappeler deux ou
trois gros éléments inacceptables. D'abord, une brutalité croissante des
interventions de la hiérarchie lorsqu'il y a des difficultés dans les relations
de travail. Ensuite, l'utilisation systématique des entretiens d'évaluation
pour préparer les avertissements, et des avertissements pour vider des gens. Il
est illégal est insupportable (et nous allons intervenir en ce sens) que les
dispositions légales sur les entretiens d'évaluations soient sans cesse violées
aux Hospices. La Loi sur le personnel (Lpers) prescrit en effet que l'entretien
d'évaluation se passe entre l'employé-e- et son/sa supérieur-e immédiat-e. Or,
la situation d'inégalité entre hiérarchie et employé-e est systématiquement
accrue et violée par la présence face à l'employé-e seul-e de deux, trois,
voire quatre membres de la hiérarchie. Inutile d'insister sur la force de
pression que cela représente. Il faut faire respecter la Lpers et ouvrir des
négociations pour obtenir la présence des déléguée-s syndicaux/ales avec droits
d'intervention et de défense, lors de ces entretiens.
Signalons également le recours systématique au transfert, lorsque la hiérarchie ne se sent pas assez sûre pour emporter le licenciement. Attention là-dessus aussi, car le transfert amène souvent à une dégradation de poste et de salaire et que du transfert, on rebondit sur le licenciement.
Souvent visés-es, les employés-es qui ont dépassé la quarantaine. Tiens, pourquoi?
EMS: et les frais de
Mesdames/ Messieurs les directeurs/trices
Nos collègues des EMS subissent d'énormes économies, équivalentes à la suppression
de 500 postes de travail. Et encore, comme pour les Hospices d'ailleurs, on ne
sait rien de nouvelles coupes qui pourraient être liées au budget 2005.
Austérité… Austérité. Par pour tout le monde, visiblement. Les frais des
directions sont toujours acceptés selon un montant forfaitaire qui permet aux
directeurs/trices d'utiliser les ressources des établissements pour des
histoires à eux/elles, voire pour monter des affaires privées.
A propos d'économies, il faut remarquer que l'OMSV n'est sans doute pas touchée. Pourquoi? C'est très simple. On va faire refluer sur le système hospitalier et sur les soins à domicile ce que les EMS, économies obligent, ne pourront plus assurer. Il n'y a donc pas de coupe pour 2005, mais bien un gros surcroît de travail pour les soins à domicile. Les coupes viendront en 2006.
Convention collective du
secteur subventionné de la santé
Ca avance à pas d'escargot. Et de surcroît les patron-e-s ont des vapeurs dès
que l'on évoque les luttes sociales. Pauvres chéri-e-s. Il est clair que sans
mobilisation, il n'y aura pas de bonne convention et que l'objectif à moyen
terme c'est l'intégration de tout le subventionné dans la santé publique au
même condition que les hospices. Et non le contraire.
Et le service des finances
des hospices?
Et bien, il s'étend, occupe sans cesse de nouveaux bureaux, les plus luxueux
dit-on. A propos, pour parler d'économies, à Lavey-les-Bains la réfection d'un
seul bâtiment a coûté 9 millions. Le devis initial était de 3 millions pour
deux bâtiments. Rien n'a été fait. Il est quand même plus facile d'économiser
sur les salaires, les conditions de travail, les prestations et les conditions
de vie faites aux malades. Le service des finances des hospices est d'une
efficacité redoutable!
Les mobilisations
23 septembre 2004:
journée nationale d'actions pour la défense du service public. Manifestation, 17 heures, place
Saint-François, Lausanne. Appelée par la FSF, SSP et SUD.
28 septembre 2004:
grève générale du service public & parapublic dès midi. Rassemblement 14 h 30, Riponne,
Lausanne