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Fédération syndicale
SUD Service public

SUD - Info
juin 2005

DÉFENDONS NOS RETRAITES

 

MOBILISATION GÉNÉRALE

 

RASSEMBLEMENT - ACTION

 

Jeudi 9 juin 2005, 18 heures

Rue Caroline - Lausanne

(devant les Retraites populaires)

 

SUD INFO

Juin 2005

 

Quinze ans que ça dure!

Plus de charge de travail pour moins d'humanité

 

Depuis quinze ans, le Conseil d'Etat (CE) s'attaque continuellement à nos salaires, nos conditions de travail, notre temps de travail.

Des centaines de postes supprimés depuis les opérations Orchidée, au moins 15% de pouvoir d'achat perdu pour celles et ceux qui sont en place. Sans oublier les dernières coupes salariales en date: les 156 millions de la Convention signée par l'employeur et la Fédération des sociétés de fonctionnaires (FSF), l'automne 2004.

Depuis la même quinzaine d'années, pour chaque employé-e de l'Etat, c'est le même scénario qui se répète: plus de patient-e-s à soigner, plus d'élèves par classe, plus de dossiers à traiter, plus d'usagers-ères à renseigner, etc. Le prix que l'employeur a décidé de nous faire payer pour appliquer SA politique du «plus avec moins».

En moyenne, c'est 15% de travail supplémentaire qui nous a ainsi été arraché. Que devient l'argent dégagé par ce formidable gain de productivité? L'employeur public se le met entièrement dans la poche! Pas que dans la sienne: c'est à cette époque-là aussi que l'Etat a consenti d'importantes baisses d'impôts aux plus nanti-e-s. Ce qui a délibérément rompu l'équilibre des finances publiques à un moment où la croissance normale des charges était prévisible (politique des caisses vides).

 

Aujourd'hui, le Conseil d'Etat poursuit sa croisade contre l'Etat social en peaufinant les scénarii qui lui permettront de réussir un nouveau hold-up en laissant les seul-e-s employé-e-s passer à la caisse pour assainir la CPEV.

 

Comment le Conseil d'Etat va-t-il s'y prendre pour continuer à puiser dans notre «bas de laine» qu'est la Caisse de pensions?

Après deux séances de négociations, le CE a décidé de suspendre celles-ci, et de renvoyer «le paquet-cadeau» à la Commission tripartite, au Conseil d'administration et à l'Assemblée des délégué-e-s de la CPEV.

Cette manœuvre n'est destinée qu'à procurer un vernis de respectabilité à la variante «des mesures structurelles» pri-vilégiée par le CE.

Pour rendre crédible son scénario, le Conseil d'Etat et tou-te-s les spécialistes à sa solde reprennent  toujours les mêmes épouvantails: vieillissement de la population, détérioration du rapport personnes assurées actives /pensionnées. Et préconise toujours les mêmes remèdes: augmentation de la durée de cotisation, élévation de l'âge de la retraite, diminution ou suppression de l'indexation des rentes, réduction du «pont AVS»…

 

La variante retenue aujourd'hui par le Conseil d'Etat:

 

Durée de cotisation

37,5 années

 

Age d'affiliation

19,5 ans ou 22,5 ans

 

Age minimum de retraite

57 ans (après 37,5 années de cotisations) pour certaines catégories professionnelles (policier-ère, instituteur-trice)

60 ans (après 37,5 années de cotisations) pour tou-te s les autres.

 

Déduction de coordination

Fr. 12'900.- + 10% du salaire annuel brut (Maximum Fr. 22'575.-)

 

Supplément temporaire

Après 37,5 années d'assurance ou dès 60 ans.

Le montant du supplément temporaire est fixé en pourcentage de la rente AVS minimale complète et selon l'âge de l'assuré-e au moment de la retraite :

57 ans                              82%                             Fr. 10'578.-/an

58 ans                              88%                             Fr. 11'352.-/an

59 ans                              94%                             Fr. 12'126.-/an

dès 60 ans                       100%                             Fr. 12'900.-/an

 

Indexation des rentes

Pourcentage décidé par le Conseil d'administration de la caisse, puis amputé automatiquement de 0,5%

 

Cotisations

18% du salaire cotisant (9% employeur - 9% employé-e)

 

Contribution de l'Etat

6% du salaire cotisant

L'économie réalisée par l'Etat au titre de l'augmentation de la déduction de coordination (13 millions) n'est plus attribuée à la Caisse sous la forme d'une augmentation de la participation de l'Etat de 0,5% du salaire cotisant. Le CE viole ainsi les résultats des négociations de l'automne 2004.

 

Dégradations prévisibles des prestations de retraites des employé-e-s de l'Etat

Ces mesures entraîneraient de graves péjorations de nos prestations de retraites.

Par exemple (d'autres exemples sur le site www.sud-vd.ch):

1. Diminutions de rentes en lien avec la modification de la déduction de coordination

Fr. 294.80 par mois pour un-e cantonnier-ère (classe 8-10).

Fr. 156.30 par mois pour un-e instituteur-trice (classe 15-20).

 

2. Augmentation de la durée du travail en lien avec le passage à 37,5 années de cotisations

Les employé-e-s en début de carrière devront travailler deux ans et demi de plus… pour des prestations diminuées.

Les assuré-e-s qui comptent 20 années d'assurance devront travailler une année de plus.

 

3. Réduction du supplément temporaire - pont AVS

Pour une retraite prise à 57 ans, la perte sur le supplément temporaire se chiffre à Fr. 5'547.-/an et à Fr. 44'376.- jusqu’à 65 ans.

Pour une retraite prise à 60 ans, la perte sur le supplément temporaire se chiffre à Fr. 3'225.-/an et à Fr. 16'125.- jusqu’à 65 ans.

 

L'état de santé de la CPEV ne nécessite pas des mesures aussi brutales

A fin 2002, après une année boursière particulièrement calamiteuse, la Caisse de pensions proclamait que son état de santé était tout à fait acceptable. Aujourd'hui, alors que la situation sur les marchés des capitaux s'est améliorée, l'employeur voudrait nous faire croire qu'il faut mettre en œuvre des mesures drastiques pour assurer la pérennité de la CPEV et que cette pérennité justifierait un taux de couverture de 75%. (Taux de couverture = rapport entre la fortune de la Caisse et ses engagements).

Ce gouvernement nous ment. Le degré de couverture actuel de la CPEV (70.9%) est suffisant; il ne met nullement en péril le financement des prestations promises. Le 75% du degré de couverture voulu par le Conseil d'Etat et le Grand Conseil n'est en réalité qu'une étape du désengagement de l'Etat-employeur vis-à-vis de ses responsabilités sociales. Un assainissement de la CPEV est nécessaire. Toutefois, son financement doit respecter la répartition des cotisations actuelles (67.5% employeur - 32.5% employé-e). Pour cela, ni l’augmentation de 2,5 ans de la durée d'assurance, ni la modification du supplément temporaire ne se justifient.

 

Position unitaire FSF/ SSP / SUD

Nécessité du rapport de forces

Face à ce que l'Etat entend imposer, les trois forces syndicales de la fonction publique FSF, SSP et SUD ont développé une position unitaire pour sauver les retraites des salarié-e-s de l'Etat de Vaud (maintien du taux de couverture actuel).

Cette position tient compte des réalités de la Caisse, de la né-cessité de l'unité des organisations (au-delà de ce qui les différencie) et du rapport de forces du moment.

 

Durée de cotisation

36 années

 

Age d'affiliation

21 ans ou 24 ans

 

Age minimum de retraite

57 ou 60 ans

 

Déduction de coordination

Par paliers, pour protéger les bas salaires, entre Fr. 12'900.- et Fr. 25'800.-

 

Indexation des rentes

Selon décision du Conseil d'administration (statu quo)

 

Cotisations

18% du salaire cotisant (9% employeur - 9% employé-e)

 

Contribution de l'Etat

8% du salaire cotisant (actuellement 6%).

 

Cette position représente une péjoration par rapport aux conditions actuelles. C'est pourquoi les organisations syndicales, à l'initiative de SUD, l'ont assortie d'une compensation sous forme de réduction du temps de travail (RTT), déclinable de différentes manières: réduction de l'horaire hebdomadaire, vacances supplémentaires, ou autre.

Un autre rapport de forces permettrait - ou permettra! - à l'avenir d'exiger plus. Sans la mobilisation massive de l'automne dernier, l'Etat nous aurait volé 94 millions de plus, le mécanisme des annuités aurait été brisé et les salaires les plus bas auraient bien plus trinqué !

 

Pyromanes démasqué-e-s

L'Etat essaie de nous faire éteindre un incendie dont nous connaissons pertinemment l'origine. Les pyromanes sont démasqué-e-s. A celles et à ceux qui s'en sont mis plein les poches et qui escamotent les formidables gains de productivité obtenus par notre surtravail, notre stress et notre engagement auprès des usagers-ères, nous disons: Nous ne sommes pas solidaires des finances de la CPEV. Pas parce que nous sommes inconscient-e-s ou égoïstes, mais parce que nous ne sommes pas responsables de la politique du gouvernement.

Ce qu'ils et elles nous ont subtilisé par les gains de productivité doit être réinjecté dans la Caisse!

 

RETRAITES,

NOUS NE BATTRONS PAS EN RETRAITE !…

 

Pour obtenir de l'Etat-Employeur le retrait de son scénario catastrophe.

 

Pour un financement de la CPEV intégrant une juste participation de l’employeur.

Comme aucun accord signé avec le Conseil d'Etat n'empêchera les «vautours» du Grand Conseil de tenter d'assainir les finances cantonales sur le dos des salariéEs

 

Pour empêcher le Grand Conseil de faire de nouvelles économies sur nos retraites en réduisant la part des cotisations de l’employeur, en nous imposant une augmentation de la durée du travail de 2 ans et demi et en supprimant le supplément temporaire.

 

 

DÉFENDONS NOS RETRAITES

 

MOBILISATION GÉNÉRALE

 

RASSEMBLEMENT

ACTION

 

JEUDI 9 JUIN 2005, 18 heures

RUE CAROLINE  -  LAUSANNE

(DEVANT LES RETRAITES POPULAIRES)