14 juin 2020: en route vers plus de d’égalité et de justice sociale!

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  1. Le 14 juin 2019 a été un magnifique mouvement de protestation et d’affirmation. Toutefois, les avancées concrètes qui en ont dérivé sont à la fois limitées et rares.
  2. Il faut gagner des éléments concrets qui contribuent à changer la vie des femmes, qui imposent l’émancipation.
  3. Pour y arriver, il est et sera nécessaire de tisser des luttes, multiplier les pressions, faire bouger par mille actions les lignes de forces.
  4. Entre le 14 juin 2019 et ce 14 juin 2020, il y a eu la crise sanitaire, la crise sociale et son urgence, la crise économique. Faisons en sorte que cela rebatte les cartes en faveur de plus d’égalité et de justice sociale !
  5. Les femmes ont payé et paient le prix fort de cette situation exceptionnelle, en matière de paupérisation, de précarisation et de fragilisation. Mais aussi les femmes ont été décisives sur le terrain de l’action et du travail. Les femmes ont constitué la force essentielle qui a contenu et combattu la pandémie.
  6. La force de l’exigence des femmes pour l’égalité et l’émancipation s’en trouve démultipliée. Elle répond à l’effort des milieux dominants et des centres de pouvoir qui veulent opposer le déni et le mensonge aux revendications des femmes.
  7. Nous n’allons pas traiter toutes les grandes questions de la gigantesque lutte en cours. Nous allons nous borner à rappeler quelques éléments de deux questions urgentes, décisives et gagnables rapidement qui sont en jeu à des échéances proches : la question des salaires et la question des retraites.
  8. Les deux relèvent de l’exigence d’égalité. Les deux sont des éléments symboliques et matériels de l’émancipation.
  9. L’égalité des salaires entre hommes et femmes doit prendre en considération l’inégalité dans la division des tâches éducatives et familiales, la gestion différente des parcours professionnels, la différence des possibilités offertes et reconnues aux hommes et aux femmes.
  10. Il faut donc considérer pour avancer vers l’égalité la question des salaires carrière (cumul des gains sur l’ensemble d’un parcours de vie) ainsi que des conditions de travail. Car les femmes ne gagnent pas seulement moins que les hommes à formations égales, elles sont assignées aux emplois à temps partiel mais aussi aux formes les plus précaires et les plus pénibles de travail. A cela s’ajoute le travail de soins, d’éducation et d’accompagnement, de reproduction sociale, enfermé dans la sphère privée et non payé.
  11. La revendication de salaire égal à travail égal doit tenir compte de tous ces éléments. Elle doit prévoir en faveur des femmes des mesures de compensation et d’égalisation dans la gestion des carrières et l’organisation du travail.
  12. De même, le travail de reproduction sociale (éducation des enfants, care, proches-aidants, etc) doit être reconnu comme production de richesses, partagé et rémunéré.
  13. Des mesures immédiates doivent être prises non seulement pour que les professions féminisées, à formation et travail équivalents, soient mises au niveau des professions « masculines ». Il s’agit aussi d’obtenir une reconnaissance équivalente des parcours professionnels intégrant les caractéristiques de la vie des femmes.
  14. Quel pas concret en ce sens ? Revaloriser dans les diverses classifications salariales toutes les professions à majorité féminine et valoriser les parcours non professionnels accomplis en tâches de reproduction sociale.
  15. Pour ce qui est des retraites, la première chose est le refus intransigeant de quelque mesure qui attaque les conditions de retraite des femmes : retraite à 65 ans, dégradation du deuxième pilier, attaque contre les prestations complémentaires (PC).
  16. Deux autres revendications sur ce terrain : a) le revenu minimum de retraite à 4000 francs X 13 mois par an, en considérant toutes les ressources mobilisables, AVS, LPP et PC. b) la reconnaissance dans toutes les ressources pour la retraite du bonus éducatif et du bonus d’assistance pour les femmes (bonus amélioré dans l’AVS, introduction du bonus dans la LPP et dans le calcul des PC.
  17. Comment gagner ? Combiner toutes les formes et les intensités d’action. Arracher des avancées qui en se cumulant font changer la vie.
  18. Un bel exemple en est la lutte des enseignantes ICA. Elle se poursuit et se renouvelles sans cesse, malgré la tentative constante de l’Etat de Vaud de nier l’envergure collective et féministe de la question posée de l’égalité salariale dans cette affaire. Le respect de l’égalité réelle que révèle cette lutte est exemplaire. En savoir plus? C’est ici.
  19. La crise sociale et sanitaire en dévoilant les poches de pauvreté a mis la focale sur la pauvreté des femmes. Nous devons répondre à cette situation.
  20. Pour briser la pauvreté, la précarité et la fragilité des femmes, multiplions les luttes !
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