Assistant∙e∙s à l’intégration

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Faites chauffer les moteurs!

Vous avez entre les mains un nouveau numéro de notre bulletin. Durant ces derniers mois ont finalement fait émerger ou se sont confirmés des problèmes structurels pour notre collectif de travail. Nous affrontons une situation de précarité déterminée et alimentée par la politique de l’employeur. Cela doit changer.

Télécharger en PDF notre bulletin de janvier 2021

Du boulot il y en a!
Alors, des CDD pourquoi?
La situation des contrats de durée déterminée (CDD) parmi les assistant⋅e⋅s à l’intégration nous préoccupe particulièrement. Les informations concordantes qui nous remontent du terrain font apparaître une volonté de l’employeur d’empêcher que les CDD enchaînés puissent ouvrir sur une transformation en contrat de durée indéterminée (CDI). Or, dans le cadre d’un travail structurellement croissant, il n’y a pas de raison de faire obstacle au passage en CDI en rompant les rapports de travail après le recours à des CDD en chaîne.

Nous ne pouvons accepter que l’employeur public tente de conserver un volet fluctuant et précaire de travailleurs/euses. Comme nous l’affirmons et le répétons, l’activité des assistant⋅e⋅s à l’intégration se développe, augmente, et correspond à des besoins croissants. Il ne s’agit en aucun cas d’une activité occasionnelle dans son mouvement d’ensemble. Même si les prestations se rapportent à un⋅e ou plusieurs enfants, pris⋅e⋅s individuellement, l’activité générale est désormais intégrée à l’univers scolaire et fait l’objet d’une demande sociale massive.

Notre position est très claire. Nous revendiquons que tous les CDD qui en réunissent les conditions, selon les dispositions LPers, soient transformés en CDI. L’employeur doit renoncer à la cessation des rapports de travail pour les CDD et régulariser.

Pouvoir vivre de son travail
Il faut généraliser les contrats de durée indéterminée pour répondre aux besoins, permettre l’augmentation de salaire, améliorer les protections sociales et le droit au salaire en cas de maladie.

Empêcher par la cessation des rapports de travail que les CDD se cumulent et donnent lieu à des CDI, correspond à un détournement des dispositions de la Lpers en la matière et nous paraît irrecevable.

Nous demandons la stabilisation de tout le personnel et la fin de la précarité dans les rapports de travail que constitue la mise en place d’une fraction de CDD sans espoir de régularisation.

Nous désirons une négociation d’envergure sur la question salariale ainsi que sur le temps et sur les conditions de travail.

Le noyau dur de la situation est simple. Les conditions de travail ne permettent pas d’effectuer un horaire qui donne lieu à un salaire décent, à un revenu suffisant pour vivre. La fonction d’assistant⋅e à l’intégration, dans son organisation actuelle, ne donne tout simplement pas assez de travail aux employé⋅e⋅s. Elle n’assure que des salaires insuffisants.

Soit la rémunération des assistant⋅e⋅s à l’intégration constitue un «revenu d’appoint», ce qui inacceptable, soit elle mène tout droit à une vie matériellement difficile, impliquant souvent le recours à l’aide sociale.

D’autre part, les variations possibles d’horaire de travail, toujours en faveur de l’employeur, sont également génératrices d’un fort élément de précarité. Nous demandons que le temps de travail soit garanti, stabilisant du même coup les dispositions contractuelles et sécurisant la situation de travail et de revenu des assistant⋅e⋅s a l’intégration.

La situation des assistant⋅e⋅s à l’intégration n’est pas tolérable. L’employeur public impose des conditions de travail qui ne permettent pas d’assurer le fameux salaire minimum de Fr. 4000.- X 13 dont il se targue.

Les assistant⋅e⋅s à l’intégration doivent pouvoir gagner leur vie et il faut donc que l’employeur public construise des postes de travail qui le permettent. Acculer ces travailleurs/euses à la précarité n’est pas recevable. Promouvoir une organisation du travail qui implique un énorme temps contraint et met de ce fait d’énormes obstacles à l’accès au travail et à l’acquisition d’un revenu salarial suffisant ne l’est pas davantage.

Venons-en maintenant à la question du fameux forfait de 50 minutes. L’employeur peut argumenter ce qu’il veut et nous expliquer qu’il mène des enquêtes et des démarches scientifiques pour déterminer que ce sont bien 50 minutes qu’il doit payer et non pas 49 ou 52.

En fait, ce dont il s’agit, c’est d’une décision de politique salariale et c’est bien cette décision que nous contestons. Avec une organisation du travail basée sur un forfait de 50 minutes, il est tout simplement impossible de gagner sa vie.

Il faut que ce forfait augmente et prenne en compte tout le labeur effectivement assuré par les assistant⋅e⋅s, en qualité et en quantité. Pour ce faire, il faut rouvrir ce dossier, faire émerger toutes les plages d’activité, reconnaître tous les éléments de travail effectif et atteindre un forfait de 60 minutes.

Quand il s’agit du salaire des enseignant⋅e⋅s, on peut longuement débattre sur le temps de préparation nécessaire à la réalisation de la prestation scolaire. Si les enseignant⋅e⋅s bénéficient d’un traitement sur la base d’un horaire lié aux conditions d’ouverture des écoles, et à l’exercice général de leur activité sur les sites scolaires, il est tout à fait juste de demander que cette structure de la rémunération soit également assurée aux assistant⋅e⋅s à l’intégration.

Naturellement, les enseignant⋅e⋅s ont une formation et des certifications propres. Elles/ils comptent dans leur pensum de travail un temps «librement géré» dont relève la préparation des cours et une partie de la formation permanente. Les assistant⋅e⋅s ont un autre niveau de formation et n’ont pas à fournir la même préparation des cours que les enseignant⋅e⋅s. Mais, pour tout le reste, ils/elles ont une obligation d’activité en classe aussi longue que les enseignant⋅e⋅s et doivent de surcroît assurer un temps de préparation de cette activité. C’est cela que l’employeur doit reconnaître et payer.

Il faut que l’activité d’assistant⋅e⋅s à l’intégration reconnaisse un temps et une organisation du travail qui, au minimum, assure un salaire décent. C’est ce principe qui doit être reconnu. Si l’employeur public n’est pas capable de donner un temps de travail qui permette un revenu convenable, le droit au salaire minimum doit être acquis sur la base de la définition négociée d’un travail à 100%.

Le travail d’assistant⋅e⋅s à l’intégration doit être élargi en une activité globale qui permette d’assurer le salaire minimum de Fr. 4000.- X 13 et la progression salariale intégrale jusqu’au sommet de la classe 5.

Nous soulignons l’importance que chaque assistant⋅e à l’intégration puisse bénéficier d’un CDI et par là-même de toutes les conditions de protection sociale qu’assure la Lpers, notamment pour ce qui est du droit au salaire en cas de maladie et de la prévoyance LPP.

Parmi une quantité importante d’autres questions, nous soulignons l’importance des récréations dans les conditions générales de travail et de rémunération. Toute récréation, même sans activité formelle auprès de l’enfant, doit être reconnue et payée comme temps directement marqué par l’activité. Quand la récréation est pleinement active (travail auprès de l’enfant ou passage d’un établissement à un autre pour prise de d’activité), elle doit être rémunérée comme temps de travail supplémentaire.

Doivent être également être pris en considération le travail durant les camps ou autres activités scolaires hors établissement.

Enfin, le problème du droit à la formation pour les assistant⋅e⋅s à l’intégration. Ce droit doit être assuré à égalité avec celui reconnu aux autres employé⋅e⋅s de l’Etat. De surcroît, l’employeur doit reconnaître des projets de formation destinés à obtenir des certifications pour toutes les personnes qui veulent œuvrer en ce sens, avec l’amélioration de classification que cela suppose. Soit le passage à la classe 6.

En effet, les projets de formation et de certification, différent de la formation permanente à laquelle donne droit la Loi sur le personnel de l’Etat de Vaud; ils doivent au moins assurer un CFC.

Ces processus de formation doivent naturellement être volontaires, mais constituent également un droit reconnu à chacun et chacune.

Nous avons sollicité, dans les meilleurs délais, une rencontre avec la Direction générale pour débattre de tous les problèmes et revendications ainsi que d’un certain nombre d’autres questions et demandes. Il s’agit d’avancer aussi vite que possible dans l’amélioration de la situation des assistant⋅e⋅s à l’intégration.

 

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