Changez ou dégagez!

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Quelques éclaircissements sur une grosse colère

Dans cette situation dure et tendue, Santé critique livre des paroles
des travailleuses
et travailleurs de la santé, publique et subventionnée.
Tout n’y est pas.

Il faudra de nombreux numéros pour faire surgir les grands éléments du problème.
Mais ce n’est qu’un début! Ensemble, nous continuons le combat.

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I.
Chef.ffe.s, hiérarques, directeurs/trices, experts.e.s, dirigeant.e.s politiques, gouvernant.e.s, assureur.e.s, financier.e.s, vous voulez qu’on travaille en état d’exception, du matin au soir, du soir au matin. Pour quelques tapes dans le dos, pour quelques mots reconnaissants, vous voulez nous saigner à blanc. Alors, dirigeant.e.s, payez ou dégagez! Prime COVID maintenant pour toutes et tous.

II.
La santé subventionnée, pour des centaines, pour des milliers, ce sont les horaires coupés, le travail précaire, les salaires insuffisants pour vivre avec souvent le passage obligé par l’aide sociale. On veut le salaire minimum à 4000.- francs X 13, une progression salariale garantie sur la carrière, un emploi qui permette de gagner de qui vivre. On veut la prime COVID maintenant, sans attendre Noël ou le printemps. Décideurs/ses, payez ou alors dégagez!

III.
Notre travail, dans la santé, c’est trop dur. L’intensité trop forte. On est trop peu nombreux/ses pour tenir le flux tendu. Faut plus de gens! Faut des engagements! Arrêtez de fermer des lits et de détruire des emplois. Ou alors, dirigeant.e.s, dégagez!

IV.
Les classifications sont des pièges à c… Notre travail est mal payé, très mal payé. Mal reconnu, pas assez apprécié. On se fait gruger. Assez. Améliorez les classifications, augmentez les salaires. Ou alors dégagez!

V.
On court tous les dangers. On fait tous les métiers. On n’a pas d’horaires garantis. Ni de protection légale. On doit connaître toutes les spécialités. On doit savoir tout faire, vite, de plus en plus vite. L’excès de boulot nous submerge. On n’est pas assez protégé.e.s. On est abandonné.e.s. Dirigeant.e.s changez ça ou alors dégagez!

VI.
Nous sommes à la première tranchée du COVID mais à la dernière place pour toucher une prime. Pour nous, celles et ceux qui commandent n’ont qu’arrogance et mépris.
Mesdames et Messieurs les dirigeant.e.s, payez ou dégagez!

VII.
Ils ferment les lits, réduisent l’emploi et détruisent la santé publique depuis des années. Résultat: le Covid est devenu incontrôlable. Mesdames et Messieurs les gouvernant.e.s, inversez les priorités. Ou alors dégagez!

VIII.
Santé publique, santé subventionnée, même travail, même COVID. Alors même salaire!

IX.
Salaire minimum à 4000.- francs X 13 et progression salariale sur carrière à 45% pour tous/tes ceux/celles qui travaillent au CHUV. C’est la base de l’égalité.
Assez des travailleurs et travailleurs exploité.e.s, précarisé.e.s, externalisé.e.s.

X.
La maternité n’arrête pas d’accoucher. Le travail est aux sommets. Chaque année plus de bébés. Mais la classification reste injuste et le salaire insuffisant. Les sages-femmes veulent la classe 10. Employeurs/euses, payez ou dégagez!

XI.
Dirigeant.e.s, arrêtez de gloser. Humanisez le travail. Rendez possible la conciliation entre vie professionnelle et vie privée. Changez ou alors dégagez!

XII.
Rudoyer, tendre des pièges, y faire tomber les gens, tournebouler, troubler, imposer un récit, précariser en toute subjectivité, fragiliser en tout arbitraire. Exiger que soit offert au système un corps soumis et une tête conforme. C’est cela le management du flux tendu. Changez ou dégagez!

XIII.
Le travail blesse nos corps, maltraite nos têtes, nous dégrade. Et quand on en est là, le système veut nous jeter comme une vieille chaussette. On veut un travail qui ne nous blesse pas!

XIV.
Pour faire face au COVID, des engagements massifs, un pôle national de ressources de santé qui mette au service du public tous les moyens, y compris les cliniques privées. Des protections, des tests en suffisance. Des conditions de travail qui paient en heures supplémentaires tout ce qui dépasse l’horaire de travail ordinaire et respectent le cadre légal. Il n’est pas question que le COVID serve à démanteler les protections légales.

XV.
La hiérarchie nous joue systématiquement les un.e.s contre les autres. Par exemple aux cuisines, c’est la mise en concurrence des externalisé.e.s contre les employé.e.s avec un contrat de travail du CHUV. Mais aussi des CFC contre les moins qualifié.e.s La chefferie mène une stratégie de tension. L’encadrement fait semblant de mettre en avant et de valoriser les aides de cuisine. Elles et ils sont poussé.e.s à faire preuve d’initiative, même dans l’organisation et la préparation des plats. En échange, les aides peuvent mettre la tenue du cuisinier CFC pendant le service aux employé.e.s. Mais le salaire ne suit pas. Au CHUV, les aides de cuisine sont en classe 2. Ailleurs dans la fonction publique, en classe 3. A quand la revalorisation en classe 3 pour les aides? A quand la classe 5 pour les cuisiniers.e.s CFC?

XVI.
14 lits, le matériel et la technologie sont là mais pas le personnel supplémentaire formé dans les soins intensifs (min. 6 mois). Les soignant.e.s sont usé.e.s, épuisé.e.s et pour beaucoup ne se sentent pas prêt.e.s pour affronter la 2e vague qui est là jusqu’en janvier. Le personnel n’est pas remplacé, la direction ne prend que très peu d’intérims quand le pool n’est pas disponible car ils n’ont soi-disant pas d’argent. Ils nous usent… Les plannings c’est l’horreur. Ils ne font rien pour garder leurs personnels. Les jeunes diplômé.e.s sont engagé.e.s. Les personnes expérimentées ne veulent pas venir à l’étage COVID. Les prises en charge doivent être mieux garanties. Parfois, les patient.e.s se plaignent. On a peur que tout cela empire avec la forte montée du COVID…

XVII.
Il nous faut un observatoire qui puisse documenter la situation, recueillir la parole authentique du personnel et faciliter une gestion efficace, à temps…

 

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