Lettre ouverte No 2 des retraité-e-s à Alain Berset

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Par le Collectif des Retraité-e-s Actives/Actifs et Solidaires (RAS) de SUD

Monsieur le Conseiller fédéral,

En attendant votre réponse à notre lettre ouverte No 1, nous vous adressons ce nouveau courrier
qui, par votre intermédiaire, arrivera peut-être à l’ensemble du collège gouvernemental.

Comme nous l’avons déjà écrit, nous ne voulons pas être les « oublié.e.s » du salariat. Nous ne
voulons pas être non plus des « deuxièmes choix » pour le droit à la vie. Nous revendiquons les
mêmes droits que les autres en matière existentielle.

Certaines voix ont laissé entendre qu’un choix devrait être fait dans les hôpitaux pour savoir qui
aurait le droit ou qui ne mériterait pas d’être soigné.e, qui pourrait vivre ou pas. Cette position est
non seulement un scandale, mais une injustice de classe. Parce que tout le problème, comme vous
le savez déjà, ce ne sont pas les vieux, ni les personnes à risque seulement, mais un système public,
sanitaire et social qui manifeste de fortes difficultés pour répondre à cette dramatique pandémie.
Face aux urgences, l’état de rareté pourrait pousser à la sélection, avec des gens qui seraient moins
dommageables que d’autres, sous couvert d’un discours qui refuse, à raison d’ailleurs,
l’acharnement thérapeutique.

Mais le refus de l’acharnement ne peut dissimuler le démantèlement de l’hôpital public. En effet,
pendant des années, les politiques d’austérité ont dégradé les services de santé, les hopitaux, les
institutions médico-sociales et socio-éducatives. Et ce ne sera pas simplement à coups de dafalgan
que nous vaincrons le virus. Bien au contraire, lutter contre ce virus rend indispensables des
changements de politiques qui, à leur tour, entraîneront une transformation de la société !

Au R.A.S, nous considérons que les retraité.e.s sont une vraie force productive de masse, active en
particulier dans le soin, dans l’accompagnement et la promotion du lien social. Ces éléments sont
indispensables et profondément liés à l’institution de la société. Et même si, à la fin de notre âge
nous ne sommes plus « productifs.ves », nous voulons une égalité dans la condition humaine, le
droit à l’intégrité, à la santé, le droit de vivre et de mourir, dignement et sereinement.

Les conditions de vie des retraité.e.s sont souvent très difficiles. Avec le droit à la santé, nous
revendiquons un bouclier social qui nous garantisse un revenu décent et intégre la suspension du
paiement des loyers, des assurances, des soins et du crédit, quand la situation matérielle l’éxige.
Nous exigeons également le droit aux tests, des masques en quantité et en qualité, des produits
désinfectants, en un mot, nous voulons un accès égalitaire à la sécurité sanitaire!

Nous le répétons, le temps presse et nous sommes en danger. Nous exigeons des
réponses, des moyens et des actes sans tarder et à la hauteur de la crise sanitaire.
Aucun.e ainé.e ne devra être sacrifié.e de quelque manière que ce soit !

Collectif R.A.S.

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