Lettre ouverte No 3 des retraité-e-s à Alain Berset

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Par le Collectif des Retraité-e-s Actives/Actifs et Solidaires (RAS) de SUD

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Monsieur le Conseiller fédéral,

En attendant vos réponses à nos lettres ouvertes No 1 et 2, nous vous adressons ce nouveau courrier qui, par votre intermédiaire, arrivera peut-être à l’ensemble du collège gouvernemental.

Depuis le début de la crise du COVID-19, le Conseil fédéral s’est contenté de nous confiner strictement, sans venir en aide financièrement à celles et ceux se retrouvant dans une situation précaires. Les démarches des cantons et communes ont été malheureusement insuffisantes.

Pour garantir le bon fonctionnement des commerces de première nécessité restés ouverts dès la première phase du confinement, ce même Conseil fédéral a accepté d’envoyer au front nos petits-enfants. En effet, les apprenti.e.s dans le domaine de l’alimentation notamment, n’ont jamais cessé de travailler et ils.elles continuent de la faire, sans moyens de protection suffisants ou adéquats. Nous avons dû, nous les aîné.e.s, accepter ce sacrifice avec un sentiment d’injustice et de révolte qui s’est ajouté aux motifs d’affliction dus à l’isolement social auquel nous sommes condamné.e.s et stigmatisé.e.s.

Et aujourd’hui, comme si cela ne suffisait pas et parce que leurs parents doivent être mobilisés pour garantir la reprise économique, le Conseil fédéral attend de nous que nous regardions nos petits-enfants reprendre le chemin de l’école sous prétexte qu’ils.elles sont trop jeunes pour tomber malades et qu’ils.elles ne sont pas des vecteurs de la maladie. Outre le fait que ces affirmations ne sont pas partagées par tous les experts et ne sont pas démontrées scientifiquement, nous ne voyons pas comment nos petits-enfants pourront éviter de se rassembler, de se toucher, de respecter une distance de 2 mètres avec chacun de leur camarade, se laver les mains très régulièrement pendant au moins 20 secondes avec du savon ou une solution hydro-alcoolique et porter un masque qui devrait être changé toutes les 3 heures.

Décidément, pendant cette pandémie, rien ne nous aura été épargné… Nous l’avons compris depuis longtemps. Par définition, un gouvernement n’a pas de conscience. Parfois il a une politique, mais rien de plus. Comme le disait si bien Albert Camus.

Aussi, et parce que nous sommes encore en mesure de réfléchir, exigeons-nous que les chefs.fes cantonaux des départements de l’instruction publique ainsi que les directeurs.trices des établissements qui ne pourront pas appliquer strictement toutes les mesures de protection préconisées par le Conseil fédéral, en assument l’entière responsabilité.

Que ces derniers.ières, dont les décisions ne peuvent être prises sans votre aval, prennent sur eux.elles la responsabilité de ne pas pouvoir protéger nos petits-enfants ainsi que leurs enseignant.e.s et, indirectement, toutes les personnes à risque comme cela leur a été expressément demandé par vos soins.

Monsieur le Conseiller fédéral en charge de la Santé, pouvez-vous aujourd’hui garantir solennellement la pleine application de toutes les mesures de sécurité susmentionnées et que vous-même avez exigées, dans tous les établissements de tous les cantons et pour tous nos enfants, petits-enfants et pour toute les personnes à risque?

Un énième silence de votre part ne pourrait être qu’un désaveu.

Nous le répétons, il ne s’agit pas de limiter les risques, mais simplement de les empêcher. Nous exigeons des réponses, des moyens et des actes sans tarder et à la hauteur de la crise sanitaire. Aucun.e ainé.e, encun enfant et petit enfant ne devra être sacrifié.e de quelque manière que ce soit !

Collectif R.A.S.

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